Attention article très long J
Je suis tout juste de retour de Londres où j’ai passé 4 jours. Comme vous le savez, j’y étais déjà restée 3 jours au mois de mars et j’avais donc déjà visité les sites incontournables tels que Buckingham palace à l’heure de la relève de la garde, le British Museum, la National Gallery, Tower bridge, la City, la Cathédrale Saint Paul, Big Ben, etc, etc. L’idée de mon petit séjour à Londres était donc cette fois ci de voir des trucs moins touristiques, de tester la ville d’une autre façon. Chers lecteurs, pour vous, j’ai testé…
1) …l’une des auberges de jeunesse les moins chères de Londres. £ 8,94 la nuit. You get what you paid for. Je dormais coincée au bas d’un lit superposé dans un dortoir mixte de 16 personnes. La chambre en question était plutôt étroite, ne comportait qu’une petite fenêtre et l’idée de respirer les respirations de 15 autres personnes dans cet espace confiné me donnait des vertiges. L’endroit où tu pouvais te laver, pouvait s’appeler véritable douche qu’aux heures où personne d’autre ne se lavait, sinon c’était plutôt « un filet d’eau tiède ». La lumière des toilettes, basée sur un détecteur de mouvement, s’éteignait au bout de 30 secondes et si tu ne voulais pas te retrouver dans les ténèbres il te fallait faire tes besoins tout en agitant les bras frénétiquement au dessus de ta tête. Mais malgré tout, l’auberge était très bien située et dans cette ambiance Koh-Lanta, il devenait encore plus facile de faire des rencontres.
2) …manger un sandwich poulet-mayo à Hyde Park à l’heure des joggers. Le soir, à cette époque de l’année, il vaut mieux éviter d’aller pique-niquer à Hyde Park. Ça grouille de corps sveltes et musclés qui te font bien sentir qu’ils font de l’exercice et pas toi ; par conséquent ton sandwich en attrape un gout de cellulite. De plus, les Anglais courent avec leurs chiens, qui eux aussi semblent intéressés par le poulet de ton sandwich, donc ce n’est pas très pratique.
3) … faire un détour par le rayon « pets kingdom » de Harrods. Harrods, est parait-il, le plus grand magasin du monde et est surtout réputé pour être l’endroit où l’on trouve absolument tout, où la seule réponse imaginable à la question « avez-vous des éléphants ? » serait « des éléphants d’Asie ou d’Afrique ? ». En parlant d’animaux, lors de ma visite (oui dans ce genre de magasins, les étudiantes comme moi, sommes de simples visiteurs, la moindre paire de chaussette y coutant 15 £), je suis passée par le rayon « animalerie » qui peut être révélateur de la folie des Anglais concernant leurs animaux de compagnie. J’ai immédiatement pensé à Pimprenelle, qui aurait adoré. On y trouve tout un étalage d’habits (du tutu rose pour chats au déguisement d’Elvis pour chiens), des poussettes et des lits à baldaquins pour chiens, des colliers sertis de diamants… On y trouve aussi des petits chiots à 1500 £ et même des cochons d’Inde, beaucoup moins mignons que feu Rastacouette mais beaucoup plus chers. Ils ont sans doute un tatouage « Harrods » dans l’oreille, c’est pour ça, on paye la marque… A noter que ce fameux rayon se trouve au même étage que le rayon enfants… doit-on y voir une signification quant à la place qu’accordent les Britanniques à leurs chiens dans leur famille ?
4) …prendre le métro londonien un jour de grève. Apparemment les grèves de métro existent aussi au Royaume Uni car le jour où je suis arrivée dans la capitale britannique, la ligne que je prévoyais d’emprunter n’était pas en service… Evidemment lorsque j’ai appris cela, j’avais déjà payé un ticket de 4 £ (ici prendre le métro est un investissement financier). Pas question, dès lors, de remonter à la surface et d’utiliser mes jambes pour me rendre à mon auberge de jeunesse, il fallait que je rentabilise mon ticket. J’ai donc pris 4 lignes différentes pour arriver à destination et, par conséquent, visité Londres de façon souterraine.
5) … apprécier l’art du Tate Modern avec un groupe de collégiens français boutonneux. Londres regorge de Français ; beaucoup y habitent, d’autres viennent y chercher un petit boulot pour l’été, et d’autres encore, y viennent faire du tourisme. A mon auberge de jeunesse il y avait 2 classes de CM2 de Paris, et au Tate Modern je suis tombée sur une classe de 4ème en visite. Ce n’était donc pas facile d’apprécier l’art modern avec une bande d’ados répétant « ouais, c’est nul… c’est du gribouillage, moi aussi je peux le faire ». Dans un sens on pourrait dire qu’ils n’ont pas tort, il est parfois difficile de trouver l’intérêt artistique à une œuvre telle qu’un tuyau en cuivre appuyé contre un mur (et dire que l’artiste a vendu ça des millions). Mais j’ai vraiment adoré ce musée et on pourrait dire que je suis totalement convertie à l’art moderne. De tous les musées que j’ai faits à Londres le Tate Modern restera sans doute mon préféré…
6) … faire tous les H&M d’Oxford Street. On m’avait dit « Oxford Street, c’est THE place pour faire du shopping ». Je m’y suis donc rendue à l’ouverture des magasins car à partir de 13h, cela devient de la folie : pour essayer des vêtements il faut faire une heure de queue ou faire ses essayages en dehors des cabines (apparemment c’est assez courant, car chez Primark, j’ai même vu une Anglaise essayer des soutiens gorges au milieu des rayons…). Mais bref, j’ai tout de même été déçue par la rue la plus populaire de Londres en termes de shopping. On y trouve les mêmes marques tous les 30 mètres. Il y a peut être 10 H&M sur cette même rue. Même choses pour Uniqlo ou Next.
7)… traverser Londres pour enfin connaître la vraie différence entre un chameau et un dromadaire. Le Museum d’Histoire Naturelle de Londres est tout simplement « amazing ». Je me souviens avoir fait celui de Paris il y quelques années et ce n’était qu’un assemblage de bêtes empaillées poussiéreuses (ça a peut être changé depuis). A Londres le Musée est gigantesque (impossible de faire tout en une fois), il y a plein d’explications et c’est très interactif. J’ai appris beaucoup de choses, dont par exemple le fait qu’à l’origine le chameau vit dans les déserts froids et le dromadaire dans les déserts chauds…
8)… écouter une sexagénaire britannique passionnée raconter l’histoire d’un petit vase victorien. Durant ces quelques jours je me suis aussi rendue au Victoria & Albert Museum. Ce musée s’avère être une véritable caverne d’Ali Baba. Il est impossible de ne pas se perdre parmi tous les trésors qui y sont exposés : sculptures, tapis, tableaux, objets d’art décoratif, modèles d’architecture, bijoux, meubles, habits… on trouve de tout et c’est encore un musée qu’il est impossible de faire en une fois (bien que j’y aie passé 4h…). Des visites guidées de certaines parties du musée sont également proposées et j’ai donc rejoint un tour d’environ une heure sur la partie « British galleries ». Les guides ne sont que des passionnés et ne sont pas payés pour les visites qu’ils offrent. Ainsi, avec une Espagnole et une Chinoise, nous avons suivi une petite grand-mère anglaise nous raconter l’histoire de certains objets exposés.
9) … recevoir le coup de téléphone d’une maman anxieuse à 7h30 du matin. En 4 jours, j’ai bien du parcourir plus de 30km dans Londres à pied, refusant de prendre le bus. C’est plus agréable de découvrir une ville à pied mais c’est aussi plus fatigant. D’autant plus que je dormais peu la nuit (rapport à l’étroit dortoir que je partageais avec des Italiens bruyants). En rentrant vendredi soir tard à Nottingham je me faisais donc une joie de retrouver mon lit et prévoyais une bonne grasse matinée le lendemain. Mais à 7h30, mon téléphone sonne, me tirant de mon sommeil. Au bout du fils, j’entends la voix de ma mère rassurée. Elle me voyait sans doute bâillonnée et torturée au fond d’une cave londonienne (car je n’avais pas répondu à son mail de la veille). J’étais un peu en colère mais quand elle m’a dit « que veux-tu… on t’aime trop c’est pour ça qu’on s’inquiète », je me suis dit que c’était quand même mieux ainsi…