moichezrobindesbois

Ce n'est qu'un au revoir

      Pour ceux qui s'inquiétaient de ne pas voir de nouvelles sur ce blog, mon retour en France s'est bien passé. Certes j'ai du payer 40£ d'excedent bagage à l'aéroport. Certes, j'ai du jeter des affaires dans une poubelle de ce même aéroport pour éviter d'avoir à en payer 120. Certes, j'ai regretté d'avoir acheté le "Cosmo" dont la une annonçait "hot sex for summer", une fois assise à coté d'un très gentil chef d'entreprise français dans l'avion. Certes, j'ai du me trimballer dans 2 trains différents avec 2 valises et 30 kg au bout des bras. Certes, j'ai du subir les râleries des Français... mais je suis bien arrivée à destination.      

      Voilà maintenant 3 jours que je suis rentrée de Nottingham et il est temps pour moi de finir ce blog en beauté! Comme vous le savez moichezrobindesbois avait été créé dans l'unique but de donner des nouvelles et raconter mes tribulations anglaises. Etant rentrée en France, je n'alimenterai plus ce blog mais il restera ouvert (vous pourrez toujours lire et relire les articles qui ont rythmé mon année à l'étranger). Je garderai de supers souvenirs de mon année à Nottingham (moi qui ne voulait pas partir à l'étranger...) et écrire sur ce blog va sincèrement me manquer. Mais je voulais vous remercier, vous, mes lecteurs, de m'avoir été fidèles et j'espère que vous avez aimé "les tribulations d'une étudiante française parachutée en Angleterre"!

A bientôt pour de nouvelles aventures!

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Ce qui va me manquer...

Je serai en France dans un dodo et je commence à réaliser tout ce qui va me manquer ici :

                                                                                                                   

Les écureuils du parc de l’université qui se laissent approcher à moins d’un mètre

 

Les soirées du mercredi soir au cinéma avec l’offre « deux tickets pour le prix d’un »

 

Les baked beans, le cheesecake, les skittles

 

Apprendre le coréen le soir au diner… (je sais déjà dire « yaourt »)

 

Les beaux Anglais en costume-cravate. Si un Français et un Anglais se trouvaient face à face dans le même costume, l’Anglais pourrait reprendre ce que dit Will Smith dans Men in Black et lancer au Français : « tu connais la différence entre toi et moi ?...  sur moi, c’est la classe » et il aurait raison. Contrairement aux Français, les Anglais, habitués dès l’enfance à l’uniforme, ne passent jamais par la phase j’ai-l’air-d’un-pinguin-en-costard.

 

Assister au départ en discothèque des Anglaises. Perchées sur des talons qu’elles ne savent pas porter (en même temps vu la taille des talons je vois difficilement qui pourrait les porter avec élégance), tout de court vêtues, les Anglaises constituent un vrai spectacle à elles toutes seules.

 

Pouvoir me permettre le luxe d’aller à la bibliothèque juste pour prendre un café

 

Les pubs quiz où on ne gagnait jamais mais grâce auxquels j’ai appris de quoi était composé le premier dentifrice, la nationalité de l’inventeur de la Guiness et la longueur exact en miles du mur de Berlin.

 

Grimper au minimum 4 fois par jour les 5 étages jusqu’à ma chambre en me répétant « mes fessiers me remercieront de ne pas prendre l’ascenseur »

 

Dire « hi » à mes profs. « hi » se traduit par « salut » mais en France on ne dirait jamais salut à ses professeurs.

 

Remercier le chauffeur du bus en variant les formules d’une fois sur l’autre (« thank you » ou « thanks » ou « cheers »)

 

Pouvoir noter sur ma copie d’examen « exchange student » en me disant qu’ainsi les examinateurs auront pitié de moi

 

Aller chez Primark, acheter 6 hauts et en avoir pour 15£ seulement.

 

Sursauter quand j’entends parler français

 

Me faire appeler « Bertaïle » par certains

 

Dire « amazing »… juste parce que c’est un mot que j’aime bien

 

Connaître tant de gens qui veulent coucher avec moi. Les étrangers connaissent souvent la chanson « voulez-vous coucher avec moi ce soir ? » et sans savoir ce que cette phrase signifie, ils la répètent aux Français.

 

Mais aussi surtout, tous les gens avec qui je m’entendais bien ici et que je ne reverrai sans doute pas avant longtemps : Seulkee, Adele, Eunhye, Manya, Annalise, Lim, Oana, Ishaan, Shakir, Mutaz, Philip, Colin, Nilesh…

 

Critiquer l’Angleterre et ses habitants

 

 

Et enfin, ce qui me manquera certainement beaucoup : écrire sur ce blog pour raconter mes tribulations…

 

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9 mois plus tard...

Dernier jour à Nottingham et je ne peux m’empêcher de me sentir déjà nostalgique de tous les moments que j’ai vécu ici… Je me disais que la petite française timide et effrayée débarquant à Heathrow le 21 septembre dernier en avait parcouru du chemin jusqu’à aujourd’hui…

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Packing

      Cela fait plusieurs jours que je me bats avec mon « packing »… étant limitée en poids par la compagnie aérienne, je pèse absolument tout à l’aide d’une mini balance qu’on se partage entre étudiantes étrangères. Alors qu’aujourd’hui je pesai mon sac en le prenant dans mes bras sur la balance, je trouvai que « god, que ce sac était lourd », mais après être ensuite montée seule sur la balance, sans mon sac (je fais les choses un peu à l’envers) je constatai qu’en réalité ce n’était pas le sac qui était lourd, c’était moi. Je ne sais pas si cela doit constituer un soulagement. Car ce n’est pas comme au marché ou le maraicher te sort souvent « ya un peu plus ! je vous le mets ? »… à l’aéroport, si je dis ça à l’enregistrement, ça ne va pas être possible. Bref, alors que je lutte pour fermer mes bagages, j’essaie de me répéter « il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions »… mais je pense sérieusement que celui, qui le premier prononça cette phrase, n’a jamais eu à caser un oreiller dans une valise déjà pleine à craquer.

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CAUTION

Alors que je passe dans la chambre F1 de Willoughby hall mes dernières nuits anglaises, je me demandais si mon lit et mes rêves anglais allaient me manquer. Une chose est sure, mon sommeil n’a jamais été aussi troublé qu’il ne le fut cette année. Si l’on passe outre les perturbations sonores émanant des mes camarades britanniques, d’autres « bruits » animent mes nuits.

Ma chambre jouxte en effet la cage d’ascenseur. Le dit ascenseur fonctionne de 7h du matin à minuit et non seulement il monte et descend dans un bruit de machine (normal), mais en plus il « parle » (moins normal). Ma phase d’endormissement et mon réveil, sont donc rythmés par « floor 1, floor 2, going up, floor 3… » et par « mind the door…door’s opening… ding, ding… ». Les Anglais semblent n’avoir qu’une peur : celle de l’accident, ou plutôt, celle du procès qu’un accidenté pourrait leur faire. On dirait qu’ils se déchargent de toute responsabilité en prévenant les utilisateurs d’un éventuel danger. Ainsi, si quelqu’un se coince les doigts dans cet ascenseur, il ne pourra pas venir se plaindre car l’ascenseur lui-même l’avait prévenu que les portes se fermaient. De la même manière, dans le métro londonien, une voix semi-électronique te crie « mind the gap » dans les oreilles à chaque ouverture de portes. Et c’est sur qu’à force d’entendre mind-the-gap 5 fois par station de métro, on ne pourra pas dire que les Londoniens ne sont pas prévenus de la mini-marche qui les attend à la descente. Ces précautions de sécurité valent aussi pour la nourriture. Comme l’a fait remarquer ns2toul dans un de ses commentaires, au restaurant et sur les emballages alimentaires, on trouve le détail d’absolument tous les ingrédients, le fabriquant ayant sans doute peur qu’un consommateur allergique le poursuive en justice. Ainsi, sur l’emballage des petits carrés de beurre qu’on nous propose le matin au petit déjeuner, il est inscrit en gros que ce produit contient des traces de lait (un peu logique pour du beurre non ?). Toutes ces mesures de sécurité semblent excessives mais quand on songe qu’aujourd’hui on a tendance à faire des procès pour tout, elles peuvent être justifiées. Il y a quelques années, la SNCF avait été attaquée par l’un de ses usagers, celui-ci étant tombé sur la voie en ouvrant la porte du mauvais côté à l’arrivée du train en gare. Sous prétexte qu’aucun dispositif n’avait été prévu par la SNCF pour dissuader les usagers d’ouvrir la « mauvaise » porte, la victime de l’accident avait gagné le procès (pourtant, vous serez d’accord avec moi, nul besoin de sortir de polytechnique pour repérer de quel côté du train se trouve le quai…).

Par conséquent je pardonne l’ascenseur de me prévenir chaque matin que ses portes s’ouvrent alors que je suis au fond de mon lit…

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J'ai testé pour vous... LONDON

Attention article très long J

 

Je suis tout juste de retour de Londres où j’ai passé  4 jours. Comme vous le savez, j’y étais déjà restée 3 jours au mois de mars et j’avais donc déjà visité les sites incontournables tels que Buckingham palace à l’heure de la relève de la garde, le British Museum, la National Gallery, Tower bridge, la City, la Cathédrale Saint Paul, Big Ben, etc, etc. L’idée de mon petit séjour à Londres était donc cette fois ci de voir des trucs moins touristiques, de tester la ville d’une autre façon. Chers lecteurs, pour vous, j’ai testé…

 

1) …l’une des auberges de jeunesse les moins chères de Londres. £ 8,94 la nuit. You get what you paid for. Je dormais coincée au bas d’un lit superposé dans un dortoir mixte de 16 personnes. La chambre en question était plutôt étroite, ne comportait qu’une petite fenêtre et l’idée de respirer les respirations de 15 autres personnes dans cet espace confiné me donnait des vertiges. L’endroit où tu pouvais te laver, pouvait s’appeler véritable douche qu’aux heures où personne d’autre ne se lavait, sinon c’était plutôt « un filet d’eau tiède ». La lumière des toilettes, basée sur un détecteur de mouvement, s’éteignait au bout de 30 secondes et si tu ne voulais pas te retrouver dans les ténèbres il te fallait faire tes besoins tout en agitant les bras frénétiquement au dessus de ta tête. Mais malgré tout, l’auberge était très bien située et dans cette ambiance Koh-Lanta, il devenait encore plus facile de faire des rencontres.  

 

2) …manger un sandwich poulet-mayo à Hyde Park à l’heure des joggers. Le soir, à cette époque de l’année, il vaut mieux éviter d’aller pique-niquer à Hyde Park. Ça grouille de corps sveltes et musclés qui te font bien sentir qu’ils font de l’exercice et pas toi ; par conséquent ton sandwich en attrape un gout de cellulite. De plus, les Anglais courent avec leurs chiens, qui eux aussi semblent intéressés par le poulet de ton sandwich, donc ce n’est pas très pratique. 

 

3) … faire un détour par le rayon « pets kingdom » de Harrods. Harrods, est parait-il, le plus grand magasin du monde et est surtout réputé pour être l’endroit où l’on trouve absolument tout, où la seule réponse imaginable à la question « avez-vous des éléphants ? » serait « des éléphants d’Asie ou d’Afrique ? ». En parlant d’animaux, lors de ma visite (oui dans ce genre de magasins, les étudiantes comme moi, sommes de simples visiteurs, la moindre paire de chaussette y coutant 15 £), je suis passée par le rayon « animalerie » qui peut être révélateur de la folie des Anglais concernant leurs animaux de compagnie. J’ai immédiatement pensé à Pimprenelle, qui aurait adoré. On y trouve tout un étalage d’habits (du tutu rose pour chats au déguisement d’Elvis pour chiens), des poussettes et des lits à baldaquins pour chiens, des colliers sertis de diamants… On y trouve aussi des petits chiots à 1500 £ et même des cochons d’Inde, beaucoup moins mignons que feu Rastacouette mais beaucoup plus chers. Ils ont sans doute un tatouage « Harrods » dans l’oreille, c’est pour ça, on paye la marque… A noter que ce fameux rayon se trouve au même étage que le rayon enfants… doit-on y voir une signification quant à la place qu’accordent les Britanniques à leurs chiens dans leur famille ?  

 

4) …prendre le métro londonien un jour de grève. Apparemment les grèves de métro existent aussi au Royaume Uni car le jour où je suis arrivée dans la capitale britannique, la ligne que je prévoyais d’emprunter n’était pas en service… Evidemment lorsque j’ai appris cela, j’avais déjà payé un ticket de 4 £ (ici prendre le métro est un investissement financier). Pas question, dès lors, de remonter à la surface et d’utiliser mes jambes pour me rendre à mon auberge de jeunesse, il fallait que je rentabilise mon ticket. J’ai donc pris 4 lignes différentes pour arriver à destination et, par conséquent, visité Londres de façon souterraine.

 

5) … apprécier l’art du Tate Modern avec un groupe de collégiens français boutonneux. Londres regorge de Français ; beaucoup y habitent, d’autres viennent y chercher un petit boulot pour l’été, et d’autres encore, y viennent faire du tourisme. A mon auberge de jeunesse il y avait 2 classes de CM2 de Paris, et au Tate Modern je suis tombée sur une classe de 4ème en visite. Ce n’était donc pas facile d’apprécier l’art modern avec une bande d’ados répétant « ouais, c’est nul… c’est du gribouillage, moi aussi je peux le faire ». Dans un sens on pourrait dire qu’ils n’ont pas tort, il est parfois difficile de trouver l’intérêt artistique à une œuvre telle qu’un tuyau en cuivre appuyé contre un mur (et dire que l’artiste a vendu ça des millions). Mais j’ai vraiment adoré ce musée et on pourrait dire que je suis totalement convertie à l’art moderne. De tous les musées que j’ai faits à Londres le Tate Modern restera sans doute mon préféré…

 

6) … faire tous les H&M d’Oxford Street. On m’avait dit « Oxford Street, c’est THE place pour faire du shopping ». Je m’y suis donc rendue à l’ouverture des magasins car à partir de 13h, cela devient de la folie : pour essayer des vêtements il faut faire une heure de queue ou faire ses essayages en dehors des cabines (apparemment c’est assez courant, car chez Primark, j’ai même vu une Anglaise essayer des soutiens gorges au milieu des rayons…). Mais bref, j’ai tout de même été déçue par la rue la plus populaire de Londres en termes de shopping. On y trouve les mêmes marques tous les 30 mètres.  Il y a peut être 10 H&M sur cette même rue. Même choses pour Uniqlo ou Next.

 

7)… traverser Londres pour enfin connaître la vraie différence entre un chameau et un dromadaire. Le Museum d’Histoire Naturelle de Londres est tout simplement « amazing ». Je me souviens avoir fait celui de Paris il y quelques années et ce n’était qu’un assemblage de bêtes empaillées poussiéreuses (ça a peut être changé depuis). A Londres le Musée est gigantesque (impossible de faire tout en une fois), il y a plein d’explications et c’est très interactif. J’ai appris beaucoup de choses, dont par exemple le fait qu’à l’origine le chameau vit dans les déserts froids et le dromadaire dans les déserts chauds…

 

8)… écouter une sexagénaire britannique passionnée raconter l’histoire d’un petit vase victorien. Durant ces quelques jours je me suis aussi rendue au Victoria & Albert Museum. Ce musée s’avère être une véritable caverne d’Ali Baba. Il est impossible de ne pas se perdre parmi tous les trésors qui y sont exposés : sculptures, tapis, tableaux, objets d’art décoratif, modèles d’architecture, bijoux, meubles, habits… on trouve de tout et c’est encore un musée qu’il est impossible de faire en une fois (bien que j’y aie passé 4h…). Des visites guidées de certaines parties du musée sont également proposées et j’ai donc rejoint un tour d’environ une heure sur la partie « British galleries ». Les guides ne sont que des passionnés et ne sont pas payés pour les visites qu’ils offrent. Ainsi, avec une Espagnole et une Chinoise, nous avons suivi une petite grand-mère anglaise nous raconter l’histoire de certains objets exposés.

 

9) … recevoir le coup de téléphone d’une maman anxieuse à 7h30 du matin. En 4 jours, j’ai bien du parcourir plus de 30km dans Londres à pied, refusant de prendre le bus. C’est plus agréable de découvrir une ville à pied mais c’est aussi plus fatigant. D’autant plus que je dormais peu la nuit (rapport à l’étroit dortoir que je partageais avec des Italiens bruyants). En rentrant vendredi soir tard à Nottingham je me faisais donc une joie de retrouver mon lit et prévoyais une bonne grasse matinée le lendemain. Mais à 7h30, mon téléphone sonne, me tirant de mon sommeil. Au bout du fils, j’entends la voix de ma mère rassurée. Elle me voyait sans doute bâillonnée et torturée au fond d’une cave londonienne (car je n’avais pas répondu à son mail de la veille). J’étais un peu en colère mais quand elle m’a dit « que veux-tu… on t’aime trop c’est pour ça qu’on s’inquiète », je me suis dit que c’était quand même mieux ainsi…

 

 

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Mes performances anglaises

Encore 15 jours au pays des Grands Bretons avant mon retour définitif en France. Je profite des ces deux dernières semaines à fond et je dresse déjà les premiers bilans de cette « année de mobilité à l’étranger » (pour reprendre l’expression iepienne). Je pensais récemment à mes performances linguistiques et je me trouvais un peu frustrée. Le but de cette année restait quand même pour moi de m’améliorer en anglais et pourtant, un Italien me disait, il n’y a pas si longtemps, qu’on entendait vraiment que j’étais française (je m’en fiche, lui ça s’entendait tellement qu’il était italien qu’on aurait cru qu’il parlait dans sa langue et pas en anglais).

            Je me remémorais notamment certains moments de solitude vécu pendant l’année à cause de mon niveau d’anglais et j’en riais. Par exemple le jour de la rentrée, j’avais rencontré une étudiante indienne sur le campus et j’avais voulu lui expliquer que j’étais étudiante erasmus. A l’IEP si quelqu’un dit « je suis erasmus » tout le monde comprend. Alors je lui ai simplement dit « I’m erasmus », ce à quoi, elle a répondu, tout sourire « Oh, nice to meet you Erasmus ! », en pensant que c’était mon nom ! Plus inquiétant, l’autre important cafouillage de traduction s’est produit il n’y a que quelques jours. Je voulais dire à un de mes amis anglais, que j’étais impatiente d’être le jour suivant, car c’était la fin des examens. En français, on peut très bien dire « je suis impatiente d’être demain » alors je lui ai dit « I’m so looking forward to being tomorrow ». Il s’est alors moqué de moi en répondant  “ I would like to see that, I have never seen anyone be tomorrow !”… je suis sure pourtant qu’il avait compris ce que je voulais dire… les Anglais sont cruels.  Depuis que j’ai raconté ces aventures à mes amies coréennes, elles ont trouvé ça très rigolo, et m’ont rebaptisée Erasmus Tomorrow (c’est pour elles plus facile à prononcer que Bertille Bluche).

            Mais certains aspects de la langue anglaise me manqueront. Les Anglais se compliquent beaucoup moins la vie linguistiquement parlant. Cela se remarque, par exemple, dans les expressions se rapportant aux nouvelles technologies. En Angleterre on peut dire « I’ll text you » alors qu’en France on est obligé de dire « je t’enverrai un SMS » (le « je te smserai » n’est pas encore rentré dans le langage courant). Dans la même gamme, les Anglais disent aussi « I’ll Email you » ou encore « He myspaced me ». Voici d’autres exemples d’expressions anglaises avec leur traduction française. Je vous laisse deviner laquelle des deux langues est la plus compliquée :

« Yours Faithfully » = « je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mon plus profond respect »

« a return-ticket » = « un billet aller-retour ». Oui, au début ça surprend un peu et quand le chauffeur du bus te demande si te veux 1 return-ticket, tu t’imagines qu’il essaie de te vendre uniquement le billet de retour et pas celui de l’aller. Ce qui, après réflexion, est une pensée complètement stupide (quel intérêt y aurait-il à n’avoir qu’un billet retour ?)

« Une pomme de terre en robe des champs arrosée de son coulis sucré de haricots  » = « Jacket potatoe – beans ».

Enfin, il faut avouer que le « you » anglais est très commode et évite l’embarras français du mon-dieu-je-sais-pas-si-je-dois-le-tutoyer-ou-non. Je me suis retrouvée plusieurs fois, en France, dans des situations où, ne sachant pas si je devais vouvoyer la personne je faisais en sorte d’éviter tout pronom dans la conversation. Je suis sûre qu’on a tous vécu cette situation au moins une fois. On s’en sort alors en remplaçant, par exemple, « vous pendrez du sucre ? » par « du sucre ? ». Mais il vient toujours un moment, où l’on se trouve contraint de dire un « s’il vous/te plait » pour être poli et à ce moment là on aurait bien besoin du petit mot « please » impersonnel pour s’en sortir….

            La langue anglaise a donc ses avantages comme ses inconvénients. A la fin de cette année, il y a toujours beaucoup de constructions de phrases auxquelles je ne me risque pas car je ne les maitrise pas. Mais cela va quand même mieux qu’au début de l’année où, quand on me demandait au diner « how is the food ? » je répondais « good » pour éviter d’avoir à chercher comment on disait « fade ».

           

 

 

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Finally, fin des examens, fin de l'année scolaire mais heureusement pas la fin de l'aventure...

La fin des examens est enfin arrivée. A Nottingham j’ai eu l’occasion de constater qu’ils aimaient faire durer le plaisir, car je suis en période de révisions-examens depuis 1 mois. Ce matin, j’ai eu mon dernier exam en Angleterre (pas de quoi verser ne serait-ce qu’une petite larme) et me voila libre comme l’air ! J’ai donc le temps de mettre à jour le célébrissime  moichezrobindesbois.mabulle.com. Ce n’est pas que pendant les examens je n’avais pas le temps c’est juste que le statut d’étudiant-en-période-de-révisions, que ce soit en Angleterre ou ailleurs, implique un état d’esprit particulier. Je ne fais pas partie des fous-tarés des révisions qui révisent de 8h du matin à 3h la nuit suivante. Moi j’ai décidé que plus tard, quand je penserai à mes 20 ans, je n’avais pas envie de me souvenir de nuits à la bibliothèque et de cours de science politique appris par cœur. Certains étudiants de mon cours disent « you’re not a very serious student ! », plait-il ? Je ne réponds rien mais dans ma tête je pense que je suis en troisième année et que j’ai fait du droit constitutionnel, de la macroéconomie, de la microéconomie, des sciences sociales, du droit européen, de la comptabilité, du marketing, de la finance d’entreprise, du droit international, du droit privé, du droit administratif, de la géopolitique, de l’histoire des relations internationales, du commerce international… alors que eux, en troisième année, n’auront fait la moitié de tout ça. Mais bref, même si je révise moins que les autres, le fait d’être en période de révision implique que quoique je fasse qui ne se rapporte pas aux révisions comme aller au ciné, faire du shopping ou écrire mon blog, me fait culpabiliser de ne pas être devant mes cahiers. Par voie de conséquence, en période de révision, j’ai tendance à rester assise à mon bureau, dans ma chambre, même si c’est pour ne rien faire car ça me fait toujours moins culpabiliser…

 

PS : On verra si ma technique de révision fonctionne quand j’aurai les résultats… :-)

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Soirée football à Willoughby hall (ça rime en plus)

 Mercredi 27 mai, la finale de la ligue des champions occupait les conversations d’une bonne partie de la gente masculine willoughbienne. Avec Seulkee, Eunhye (coréennes) et Adele (lituanienne), nous avions décidé de nous joindre à l’euphorie mâle et étions résolues à visionner le match dans le bar situé au rez-de-chaussée de Willoughby. La majorité des garçons était enfermée dans la salle télé, nous, nous trouvions plus sympa d’être au bar. Tout ça pour dire qu’hier à 7.30pm nous nous trouvions aux premières loges, autour d’un jus d’ananas, pour ne rien manquer du match Barcelone-Manchester United. Des « mâles » se sont joints à nous (je dis « mâles » et pas « garçons » car, l’homme quand il regarde un match de foot ressemble davantage à un animal). Et bizarrement, bien que Man U soit une équipe anglaise, nous, les étudiantes internationales étions les seules à la supporter. Tous les Anglais étaient pour Barcelone. Quand j’en demandai la raison à l’un des Britanniques de l’assemblée, il me dit comme si c’était une évidence « come on, nobody likes Manchester ! ». En gros ils préfèrent supporter une équipe étrangère plutôt qu’une équipe de leur pays. Moi qui croyais que les Anglais étaient trop patriotiques, je fus agréablement surprise. Après tout, on peut peut être voir à travers ce phénomène footballistique un début de sentiment européen… Pendant la totalité du match, ça beuglait, bière à la main du coté des Anglais et ça criait hystériquement du coté des Coréennes… jolie chorale. Au final, Barcelone a gagné… ce n’était pas un beau match, ont dit mes voisins bien plus experts que moi en la matière, mais on a bien ri, ça reste l’essentiel

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L'allemand et moi, suite du feuilleton

Les examens ont commencé et j’ai déjà passé mon oral d’allemand. Ici, l’oral de langue se déroule de la manière suivante : on se présente par groupe de trois et pendant 15 minutes on débat devant la prof, qui nous pose des questions, sur les thèmes qu’on a étudiés pendant le semestre. Mon groupe se composait de 2 anglaises et de moi-même. Et contrairement à ce que d’aucuns pourraient penser, l’oral d’allemand à Nottingham fait appel à bien plus de stratégie qu’il n’y paraît… petit aperçu :

            Tout d’abord, afin de s’entrainer à parler en groupe, on est incité à se rencontrer plusieurs fois avec nos partenaires avant l’oral pour débattre des fameux thèmes étudiés. J’ai trouvé cela assez rigolo. Imaginez le tableau : trois étudiantes, au milieu du brouhaha d’un café du campus, discutant avec le plus grand sérieux de l’impact du tourisme sur l’environnement, du racisme en Europe ou encore de la criminalité des jeunes, le tout en langue germanique… c’est assez décalé.

            Seconde stratégie absolument incontournable en vue de l’oral : surtout, se souvenir que quoiqu’il arrive il ne faut pas commencer ses phrases par « ich denke, dass… » (je pense que). En effet, le petit mot « dass », sous ses airs inoffensifs, implique le renvoi du verbe à la fin de la préposition, et au moment de l’oral, sous pression, les cafouillages sont garantis. Il faut donc être très vigilant.

            Enfin, on serait supposés, le jour de l’oral, d’avoir une discussion très spontanée, mais c’est rarement le cas. De fait, tous les étudiants préparent des phrases riches en vocabulaire et en constructions grammatiques compliquées et les apprennent par cœur dans le but d’épater les profs et de récolter une bonne note. Je n’échappai pas à cela et préparai moi aussi avec soin de belles phrases en me répétant que quoiqu’il arrive je trouverai comment les caser. C’est ainsi qu’une fois devant la prof, le jour J, je répondais à ses questions en « tirant la couverture à moi » de sorte à pouvoir placer mes précieuses phrases. Quand elle me demandait « est ce que le tourisme est important pour toi ? », je disais : « le tourisme est avant tout important pour l’économie ». Et à la question : « avez-vous 1 journée de mémoire pour l’holocauste en France ? », je répondais « oui, d’après moi, c’est notre devoir de se souvenir et de raconter aux générations suivantes »… le tout bien sûr en faisant semblant de chercher mes mots pour faire croire que ces phrases me venaient spontanément. Un ami, à qui je racontai l’épisode, me faisait remarquer que cela ressemblait aux concours Miss Monde, où on demande, par exemple, à Miss Amérique ce qu’elle pense de la crise financière et elle répond tout sourire une leçon bien apprise du genre « peace in the world ». Malgré les contraintes, je me dis finalement qu’après tout, si l’allemand m’aide à me sentir un peu Miss Monde, alors c’est avec grand plaisir que je poursuivrai mon apprentissage fastidieux de cette langue…   

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